Sylvain GRANON 

Né en 1972, vit et travaille à PARIS  

SON ŒUVRE 

Il est possible que Sylvain Granon ne sache pas qu’il est romantique, et pourtant sa peinture l’est assurément. Ses paysages parlent d’eux-mêmes. Mais encore faut-il savoir les écouter.

Se mettre devant une peinture, ça ne va jamais de soi : il faut se faire des yeux pour ça. Le cinéaste Mizoguchi dit quelque part qu’il faudrait se laver les yeux entre chaque regard. Qui, de nos jours, y penserait ?

Lorsque je suis devant un tableau de Sylvain Granon, il me semble que je ne vois pas tout à fait un paysage. Il me semble plutôt que je vois une peinture cherchant à se mettre dans la peau d’un paysage. Il me semble même que le travail du peintre consiste à réaliser cette peau, à lui rendre justice, à la mettre en lumière.

Cette peau du paysage, si on ne voulait parler que de son effet on pourrait l’appeler atmosphère, mais si on veut parler de ce qu’elle est en soi on peut l’appeler rendu, dans la mesure où la peinture rend au paysage ce qu’elle lui a emprunté, non pas exactement ce buisson, cet arbre, ce bosquet, cette haie, cette allée, cette prairie, cette vallée, cette colline, mais tout l’imaginaire associé à cette verdure qui loin de rester verte en devient noire, bleue, orangée — selon l’heure, le temps et la saison, dirions-nous si nous tenions à l’atmosphère—alors qu’il s’agit bien plus sûrement de ce que le peintre avait en tête lorsqu’il tentait de rendre grâce à l’onctuosité de l’huile ce qu’il avait —ou plus vraisemblablement ce qu’il aurait pu avoir— devant les yeux. 

Apparemment, les anciens peintres chinois ne peignaient que rarement sur le motif. Ils peignaient avec la mémoire de leurs sensations. Ce n’est pas l’arbre qui nous émeut, c’est nous-même devant cet arbre. Il se peut que nous soyons triste ou, disons, mélancolique. Il se peut que nous soyons sensible à une lumière déclinante. Ou à la brume. Ou à un ciel chargé de nuages. Peut-être rêvons nous d’arriver devant l’arbre entre chien et loup. Dans la réalité, les occasions sont si rares, et nous n’avons guère le temps de nous laver les yeux. Il se peut qu’un tableau soit l’occasion de raviver des sensations enfouies.

C’est sept heures du soir. Tout début automne, lorsque la nature ne songe pas encore qu’elle pourrait ne plus être verte. Malgré la fraîcheur naissante, il s’allonge dans l’herbe. Son mouvement un instant fait basculer la terre et, pris de vertige, il consent un instant à fermer les yeux. Ce pourrait être la nuit. Mais aussitôt dans sa mémoire afflue toute la nature environnante. Un tableau demande à naître. Dans ce tableau, la masse des arbres est en train de déteindre sur le ciel, ou c’est peut-être les nuées qui veulent s’amalgamer les touffes buissonnantes. Toujours est-il que tout se confond dans sa tête, la nature et sa vision. Cette rare fusion exige une exécution. Et c’est le travail qui commence…

GALERIE
LIGNE TREIZE

Galeriste depuis 1990, Véronique Philippe-Gache, poursuit son activité en créant en 2002, la Galerie Ligne treize à Carouge. Elle s’installe au 15, rue Ancienne, dans un «petit lieu» qui lui permet d’engager un travail sur la jeune création plastique contemporaine, de proposer un choix d’artistes pluridisciplinaires et d’éclairer son travail avec des grands noms, comme Jean Le Gac, Michel Haas et Bram van Velde.

En septembre 2014, la Galerie Ligne treize déménage, cent mètres plus loin, au 29 de la rue Ancienne, et s’agrandit considérablement : un nouveau lieu, qui représente une ligne de force supplémentaire à son activité d’exposition, permettant à la fois des expositions temporaires et une présentation permanente de la réserve. L’idée première est de mettre en avant les notions d’oeuvre, d’objet d’art et de collections.

Galerie Ligne treize

Véronique Philippe-Gache

adresse :
29, rue Ancienne
1227 Carouge

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